ROSE/PINK

Rose

Pour les femmes comme pour les hommes : le rose, un symbole de féminité

Couleur associée aux filles et aux femmes, au féminin – entendu comme catégorie sociale et conceptuelle ou comme une essence – et/ou à la féminité – ensemble d’attributs extérieurs (des apparences, des comportements, etc.) culturellement associés au féminin –, le rose traduit visuellement et symboliquement les effets du genre. Aujourd’hui solidement installée, cette symbolique contemporaine du rose est pourtant récente, ne se mettant véritablement en place qu’au début du XXe siècle, d’abord en Amérique du Nord, puis en Europe, avec l’arrivée de la tradition des layettes qui consiste à habiller d’une couleur différente les bébé·e·s selon leur sexe (Paoletti, 2012). Depuis, le rose comme symbole de féminité s’est très rapidement instauré comme une convention sociale : qui n’a jamais entendu, ou même peut-être dit, que « le rose c’est pour les filles » ? Cette maxime populaire, si elle tend à se généraliser dans les imaginaires, n’en demeure pas moins fondée sur des réalités sociales. Bon nombre de petites filles portent effectivement des robes ou des jupes roses, les rayons « pour filles » des magasins de jouets sont remplis d’articles roses [ill. 1], de même dans les rayons « pour filles » ou « pour femmes » des magasins de vêtements. Et que dire des innombrables représentations féminines envahissant les dessins animés et les jeux vidéo[1], les publicités, les séries télévisées et les films[2], voire des idéogrammes signalant les toilettes publiques « pour les femmes », qui emploient le rose comme moyen de signifier le féminin et/ou la féminité ? Réciproquement, ce qui est considéré comme féminin peut aussi être représenté en rose : c’est ainsi que fonctionne le marketing de genre (Bartow, 2008), proposant des rasoirs roses, des outils roses, une voiture rose, voire des antalgiques roses, le tout conçu spécifiquement pour les femmes et leurs besoins prétendument particuliers.

Ill. 1 : Vue du magasin de jouets Hamley, Londres, 2018. Photo : K. Bideaux. De manière générale, les rayons des magasins de jouets sont divisés en deux sections : « garçons » et « filles ». Le rose s’impose alors toujours dans le second, apparaissant sur les murs des magasins, sur les éléments signalétiques, ou directement sur les jouets et leur emballage.

Mais si le rose connote la féminité, il ne renvoie pas à n’importe quelle définition de cette dernière, mais bien à celle, stéréotypée, qui dicte aux femmes de porter des jupes, des talons et du maquillage, d’être belles, sexy et séductrices, ou douces, candides et naïves. Le rose résume ainsi souvent la féminité à une caractéristique plastique, relative aux apparences, et qui cantonnerait le féminin à des considérations purement superficielles, artificielles, accessoires et enfantines. Détail esthétique qui pourrait passer pour insignifiant, l’omniprésence du rose dans les représentations de la féminité a alors aussi des répercussions sur les filles et les femmes elles-mêmes : sur leur rapport aux attentes de la féminité – et la leur en particulier pour se construire en tant qu’individues –, sur leur rapport aux autres – aux hommes comme aux autres femmes –, et plus globalement sur leur rapport au monde. Les représentations de genre ont en effet des résultats concrets sur les individu∙e∙s, tant sur un plan individuel (construction d’une identité sexuée) que socioculturel (rapports sociaux de genre), en particulier depuis la prolifération des médias de masse comme la télévision (Courbet et Fourquet-Courbet, 2003 ; Massei, 2015), les jeux vidéo (Sarda, 2017) ou les internets (Oberst, et al., 2016 ; Balleys, 2017). Le rose est ainsi moyen pour les filles et les femmes de construire leur féminité : par adhésion, pour affirmer leur féminité et leur appartenance à la catégorie « filles/femmes » – c’est le cas des jeunes filles obsédées par les vêtements ou les jouets roses (Halim, et al., 2014) ou de certaines filles transgenres (Grisard, 2017) – ; ou par rejet, pour au contraire s’émanciper des contraintes socio-culturelles imposées aux femmes auxquelles il est associé, et ce dès l’adolescence (Gleeson et Frith, 2004).

Même associé aux hommes ou aux garçons, le rose conserve son lien au féminin et à la féminité. Il connote alors l’efféminement et l’homosexualité masculine, dans le sens où un homme ayant des traits féminins serait a priori perçu comme homosexuel, et ce indépendamment de sa sexualité effective (Hoquet, 2009, p. 104). Couleur emblématique de l’homosexualité masculine (Tamagne, 2003), le rose peut cependant, dans certains cas, signifier pour un homme la capacité à exister en tant qu’individu original au sein d’une constellation d’individualités comprises dans la même catégorie sociale (Grisard, 2018). Porter du rose, se teindre les cheveux en rose [ill. 2] ou rouler dans une voiture rose deviennent alors un moyen pour des hommes appartenant aux groupes dominants de montrer qu’ils sont capables de se distancier des, sinon de défier les, conventions sociales (Lorenzi-Cioldi, 2002). Jouissant des effets d’attention que provoque l’incompatibilité symbolique rose/masculin (Bideaux, 2021, p. 661-667), des hommes majoritairement issus des élites sociales, culturelles et/ou intellectuelles choisissent d’accentuer leur individualité, pour montrer leur capacité à pouvoir s’émanciper du « rose c’est pour les filles », sans que cela ne vienne pour autant entamer leurs privilèges masculins[3].

Ill. 2 : Le rappeur américain Lil Peep, 2016. Photo: M. Rodríguez/Pretty Puke, via Wikipedia. Considéré comme l’un des artistes rap les plus importants de la fin des années 2010, Lil Peep s’était constitué une identité visuelle avec ses tatouages (y compris faciaux), ses tenues aux couleurs vives, et ses cheveux teints en rose.

Rose = Féminin : une esthétisation du genre par la couleur

Le rose procède ainsi à une forme d’esthétisation du genre, c’est-à-dire qu’il le rend manifeste par sa présence – à travers le trope « le rose c’est pour les filles » –, mais aussi par son absence – à travers le trope corollaire « le rose ce n’est pas pour les garçons ». Le rose est ainsi quasi systématiquement employé dans le cadre de représentations stéréotypées, voire caricaturales, qui participent de la reproduction et de la diffusion de représentations simplifiées du féminin. En les associant à des qualités comme la coquetterie, la sensibilité, la fragilité ou la gentillesse – qui sont perçues comme impuissantes ou superflues –, le rose contribue aussi à rendre le féminin et la féminité séduisants (Bideaux, 2021, p. 362-365). La capacité de la couleur à traduire les effets du genre – en particulier sur les filles et les femmes – est d’autant plus efficace qu’elle est un signe plastique, tel que défini par les sémiologues du Groupe µ, c’est-à-dire un outil qui permet à la fois de mettre en forme l’image et de produire du sens[4] (1992, p. 118). La plasticité du rose lui donne ainsi la possibilité de s’adapter à une vaste palette d’usages : non seulement en peinture, dans la mode ou en marketing, mais aussi de manière non visible en chanson, en littérature ou en poésie.

L’association du rose à la féminité se prolonge également à travers les aires culturelles, se diffusant à l’international par le prisme de la globalisation économique et du marketing (Koller, 2008)[5], ainsi que par celui de la globalisation culturelle (Tardif, 2008), d’abord via la mode (Blacszyck, 2018), ensuite surtout via le cinéma, la télévision (Nadoolman Landis, 2018), le jeu vidéo et les réseaux sociaux. Le rapport du rose à la féminité semble plus largement traverser les époques, ce qui tend à naturaliser la symbolique (Sparke, 1995, p. 198). L’exemple le plus probant est celui de la récurrence de l’esthétique rose caractéristique des arts visuels et décoratifs du XVIIIe siècle (Mantz, 1880, p. 20-21) : ce fut le cas avec l’engouement pour les couleurs pastel dans la mode parisienne (et par ricochet américaine) à la fin du XIXe siècle (Blacszyck, 2018), ainsi que dans la décoration des intérieurs états-uniens des années 1950, où le rose, accordé à l’or, évoquait le style rococo des salons aristocratiques (Sparke, 1995, p. 196) [ill. 3]. C’est ainsi toute la culture, et la culture visuelle en particulier, qui semble visée par cette esthétisation du genre par le rose. Au sein de ce régime visuel globalisé, la couleur est un des signes les plus facilement perceptibles dans des contextes culturels variés, le chercheur spécialiste des couleurs Jose Luis Caivano rappelant en effet que « d’après la sémiotique, la couleur est un élément appartenant à un certain univers qui peut remplacer des éléments d’autres univers[6] » (1996). Le rose se présente, dès lors, comme un symbole compris à l’international, codant la féminité indépendamment du fait que la couleur a des significations locales propres à l’histoire spécifique d’une culture, comme la jeunesse et la vie au Japon (Monden, 2018)[7], ou l’identité culturelle et nationale au Mexique (Melendez-Escalante, 2018)[8].

Ill. 3 : Exemple d’intérieur américain des années 1950. Image tirée du magazine American Home, juillet 1950. Photo : © Rikki Nyman/ American Home, via Lonny. La popularisation du rose dans les années 1950 s’est faite massivement au travers des intérieurs : le rose colorait le mobilier et les dernières innovations électroménagères en différentes nuances.

Facilitant la diffusion des produits marchands et/ou culturels, l’universalisation pendant ces dernières décennies de la symbolique de féminité du rose a aussi contribué à construire le stéréotype uniformisé de « la femme » qui lui est associé. Le rose peut ainsi être appréhendé comme une technologie de genre, telle que définie par Teresa de Lauretis, qui précise que « [l]a représentation du genre est sa construction » et que « tout l’art et la culture d’élite occidentale sont l’empreinte de l’histoire de cette construction » (2007, p. 42-43). Chercheuse en études de genre, Mary Celeste Kearney conçoit ainsi le rose comme une de ces technologies qui contribuent à la construction du genre par le biais de la culture, du marketing, des médias, de la mode ou de l’art : « l’utilisation omniprésente du rose en tant que symbole de la femellité et de la féminité au cours des cinquante dernières années, signifie qu’il opère maintenant à un niveau secondaire de signification qui soutient l’essentialisme de genre et, plus largement, le patriarcat hétérocentrique[9] » (2010).

Les significations de féminité diffèrent toutefois, selon que le rose se retrouve sur l’aristocrate Madame de Pompadour (1721-1764) [ill. 4] ou sur la fidèle épouse et femme au foyer modèle Mamie Eisenhower (1896-1979)[10], sur la riche héritière Paris Hilton [ill. 5] ou sur la reine des romans « à l’eau de rose » Barbara Cartland (1901-2000), sur la poupée Barbie ou sur le personnage de jeu vidéo Princess Peach[11], sur le rappeur Cam’ron ou sur la drag queen Trixie Mattel. Le rose est « mutant », pour reprendre le terme de la lexicographe Annie Mollard-Desfour (2002, p. 39), et il doit donc être davantage considéré comme un symbole des féminités, et non d’une féminité univoque. Il est associé alternativement et/ou simultanément à divers stéréotypes de genre : « femme au foyer » et « épouse dévouée[12] », « femme-enfant » ou « fille hypersexualisée[13] », « femme séductrice » ou « femme naïve », « aristocrate » ou « princesse », « femme à chat[14] » ou « blonde écervelée », « folle[15] » ou « drag queen », etc. Cette capacité d’adaptation de la couleur épouse alors parfaitement les processus transformatifs du symbole, eux-mêmes liés aux processus de transformation du genre.

Ill. 4 : François Boucher, Madame de Pompadour, 1759. Huile sur toile, 91 × 68 cm. Londres, Wallace Collection (inv. P418). Photo : Web Gallery of Art, via Wikipedia. Maîtresse-en-titre du roi Louis XV, Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, aimait beaucoup le rose, couleur qu’elle portait souvent, comme en témoignent ses portraits. Ayant permis le réaménagement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, elle laissa aussi son nom à une nuance d’émail rose vif tirant vers le mauve.

Ill. 5 : Paris Hilton, mars 2021. Dans une robe rose de Lanvin aux côtés de sa Bentley Continental rose. Photo : Chelsea Lauren/REX, via HawtCelebs. Paris Hilton est l’héritière de la luxueuse chaîne d’hôtels Hilton, ainsi qu’une personnalité médiatique à la renommée internationale. Souvent vêtue de rose et possédant une Bentley rose bonbon, elle est moquée par les médias qui la comparent à la poupée Barbie. (https://www.hawtcelebs.com/paris-hilton-all-in-pink-posing-in-beverly-hills-03-16-2021/)

Un piège rose : in/visibilisation du genre

Transculturel et transhistorique, le rose entendu comme un symbole de féminité par excellence tend en réalité à une impression d’a-culturalité et à l’a-historicité, gommant tout façonnage social et culturel de la couleur, et par-là, aussi celui du genre (Bideaux, 2021, p. 823-825). La récurrence de ses emplois comme signifiant de féminité, en différents lieux et à différentes époques, a fini par naturaliser le symbole, si bien qu’il est devenu presque impossible d’associer la couleur à autre chose qu’aux femmes ou à la féminité (Kearney, 2010). Le rose complique alors l’entreprise de déconstruction du genre, faisant croire que si, de tout temps et en tout lieu, le rose est associé au féminin, c’est bien qu’il existe une essence féminine invariablement associée à la couleur, qu’importent ses formes d’expression. Le rose est en ce sens une technologie du genre particulièrement redoutable puisque, tout en participant activement à la catégorisation et la hiérarchie du genre, il rend dans le même temps ce processus invisible. C’est qu’on ne se méfie pas assez de la couleur et que son omniprésence la rend invisible, comme l’explique le théoricien de l’art David Batchelor, nous rappelant que « la couleur est partout : autour de nous, en nous, à nous ; elle fait partie de chaque chose que nous voyons à chaque moment de chaque jour » (2000, p. 76), et elle est même présente lorsqu’on ne la voit pas – à travers les mots, les concepts et les catégories symboliques et sociales. Batchelor précise que cette invisibilisation est renforcée par un héritage culturel et philosophique chromophobe qui « se manifeste par des tentatives nombreuses et variées de débarrasser la culture de la couleur, de dévaluer celle-ci, de dénigrer son importance, de nier sa complexité » (p. 23). Le rose parvient ainsi cette prouesse d’in/visibilisation du genre, c’est-à-dire qu’il le rend visible en marquant la distinction entre ce qui est féminin et ce qui ne l’est pas (y compris au sein de la catégorie « homme »), et, en même temps, il le rend invisible en faisant paraître cette distinction naturelle, mais aussi anecdotique, la relayant à un simple détail esthétique (Bideaux, 2021, p. 826).

En conséquence, toute tentative de modification des significations féminines du rose semble vaine, et ni les arts ni les discours féministes et/ou queers ne réussissent finalement à dé-signifier ou à re-signifier la couleur. Lorsque des féministes portent du rose pour en faire un signe de « puissance féminine »[16] (Serano, 2007, p. 181), elles se réapproprient certes la couleur, jouant consciemment avec la féminité stéréotypée et sexualisée qui y est associée, mais elles ne changent pas la signification du rose pour autant ; pire, elles la valident et la renforcent. De même, quand des performeur·se·s drag queen emploient le rose pour caricaturer et déconstruire la féminité, iels naturalisent aussi en même temps sa symbolique de féminité (Newton, 1972, p. 103), tout en confirmant ses autres significations : le rose est artificiel et superficiel (c’est un déguisement), ou frivole car servant de divertissement. La sociologue Jo B. Paoletti écrit ainsi en ce sens : « Qu’il soit utilisé de manière traditionnelle, humoristique ou ironique, le rose est toujours un symbole de féminité et le restera probablement pendant longtemps[17] » (2012, p. 99). Au mieux, ces manipulations plastiques et théoriques de la couleur rendent apparents les processus de construction de la symbolique du rose, en lien avec le genre, mais toujours en participant à cette construction. Ceci rejoint complètement ce que dit Lauretis des technologies du genre, à savoir que « [l]a construction du genre se poursuit aussi, même si c’est moins flagrant, à l’université, dans la communauté intellectuelle, les théories radicales et les pratiques artistiques avant-gardistes et même – peut-être même plus particulièrement – dans le féminisme » (2007, p. 43).

Pour citer cette notice:

Bideaux, Kévin: « Rose/Pink ». Dictionnaire du genre en traduction / Dictionary of Gender in Translation / Diccionario del género en traducción. ISSN: 2967-3623. Mis en ligne le 04 Novembre2022: https://worldgender.cnrs.fr/notices/rose-pink/

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Notes


[1]         Voir à ce propos la longue liste d’exemples référencés dans la section « Pink means feminine » du site TV Tropes.

[2]         Du côté des séries, on peut citer : Chanel Oberlin dans Scream Queens (20th Century Fox Television, 2015-2016) ou Candice Renoir dans la série policière éponyme (France 2, depuis 2013), toutes deux souvent vêtues de rose ; et du côté des films : Elle Woods dans Legally blonde (2001) de Robert Luketic ou les Plastics dans Mean Girls (2004) de Mark Waters.

[3]         On peut citer à titre d’exemples les cas du chanteur Elvis Presley (1935-1977), du boxeur Sugar Ray Robinson (1921-1989), des rappeurs Lil Peep (1996-2017) et Lil Nas X, ou encore du personnage fictif Jay Gatsby du roman The Great Gatsby (1925) de F. Scott Fitzgerald (1896-1940).

[4]   Le Groupe µ proposait de décomposer les signes visuels en séparant, d’un côté, les signes iconiques (les éléments figuratifs) qui entretiennent un rapport d’analogie avec l’objet qu’ils représentent, et de l’autre, les signes plastiques. Par cette distinction, le Groupe µ a rendu possible l’interprétation des couleurs indépendamment des icônes auxquelles elles se rapportent.

[5]         Voir en particulier le cas de la licence japonaise Hello Kitty (Yano, 2013).

[6]         « […] from semiotics, color is an element belonging to a certain universe which can substitute elements of other universes ». Ma traduction.

[7]         Associé à la floraison des cerisiers ornementaux (sakura) qui tiennent une place centrale dans la culture nippone, le rose symbolise alors la beauté et l’équilibre délicat entre la mort et la vie, en référence aux pétales des fleurs qui s’ouvrent et se fanent rapidement (Atsushi, 2007).

[8]         Popularisée dans les années 1930 et 1940, l’association du rose à la « mexicanité » trouve son origine à la fois dans les fleurs de bougainvilliers – répandues au Mexique –, ainsi qu’à l’utilisation du rose dans l’artisanat mexicain, en particulier dans la région de Tehuantepec. Depuis 1968, le rose est employé par le Mexique pour communiquer sur son identité nationale, et il est devenu depuis 2015 la couleur officielle de Mexico (Melendez-Escalante, 2018).

[9]         « […] pink’s ubiquitous use as a signifier of female-ness and femininity over the past fifty years means that it now operates on a secondary level of signification that upholds gender essentialism and, more broadly, heterocentric patriarchy ». Ma traduction. Le terme « femellité » (female-ness) renvoie ici à la sexuation féminine et à ses seuls aspects physiologiques et anatomiques, là où la féminité (femininity) fait référence aux aspects sociaux et culturels stéréotypés qui ont été associés aux femmes, qui relèvent donc du genre.

[10]      Première dame des États-Unis de 1953 à 1961, le rose était indéniablement la couleur préférée de Mamie Geneva Doud Eisenhower : elle portait régulièrement des robes roses, sa maison de famille disposait d’une salle de bain et d’une cuisine roses et on parlait même de « First Lady Pink » ou « Mamie Pink » pour désigner les teintes de rose qu’elle appréciait (Marling, 1994, p. 38).

[11]      Voir aussi la section « Princesses Prefer Pink » du site TV Tropes.

[12]      Voir notamment le cas de Mamie Eisenhower (Grisard, 2018).

[13]      Voir Liotard et Jamain-Samson, 2011.

[14]      Manière péjorative de désigner une femme célibataire, de cinquante ans ou plus, reportant sa solitude sur la compagnie féline (McKay Johnson, 2008). Le personnage Dolores Ombrage de la saga de livres Harry Potter de J. K. Rowling – adaptée au cinéma –, entièrement vêtue de rose, répond par exemple à ce stéréotype.

[15]      Nom souvent donné aux hommes gays efféminés.

[16]      Pour n’en citer que quelques-unes: Paris Hilton déjà citée, l’actrice porno Alicia Amira ou la chanteuses pop Nicki Minaj.

[17]      « Whether used traditionally, humorously, or ironically, pink is still a symbol of femininity and likely to remain so for time ». Ma traduction.


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