TIPO DE ENTRADA : ECRITURE FÉMININE

Écriture féminine

Envoyé en 1975, Le Rire de la Méduse, de Hélène Cixous a franchi les frontières des langues, suscité des discussions, lancé l’idée de la venue d’une écriture féminine portée par des femmes mais aussi par d’autres, au-delà de toute binarité du genre. Quelle est la portée subversive de l’écriture féminine, pourquoi a-t-elle suscité autant d’engouement que d’hostilité ? Bien qu’en n’étant pas un concept, l’écriture féminine a été catégorisée de façon contradictoire (essentialisme/postmodernisme). Paradoxalement, l’écriture féminine pourrait se transformer en un cheval de Troie de la littérature et du genre. Le genre de l’écriture féminine serait-il toujours à traduire, et donc soustrait à la conceptualisation comme au genre normatif ? D’autres voix-cris se sont levées pour proclamer des poétiques hybrides, comme celles de la New Mestiza de Gloria Anzaldúa ou la Sister Outsider de Audre Lorde. Plus que jamais l’écriture féminine est passante, passeuse clandestine, transfrontalière de tout identité coercitive de classe, genre ou race.

Published in 1975, The Laugh of the Medusa by Hélène Cixous crossed the borders between languages, provoked about discussions, and announced the imminent arrival of an écriture féminine, produced by female-identified writers but also by others beyond any binary gender identity. What is the subversive reach of écriture féminine, why did it provoke such fascination as well as such hostility? Although écriture féminine is not a concept, it has been categorized in contradictory ways (essentialist/postmodern). Paradoxically, écriture féminine has the potential to become a Trojan horse of literature and gender. Will the gender connoted by écriture féminine always be in translation, thus avoiding conceptualization, and refusing to play into normative gender roles? Other voices-cries have been raised in the name of hybrid poetics, such as those of Gloria Anzaldúa’s New Mestiza,  or Audre Lorde’s Sister Outsider. More than ever, écriture féminine belongs to the act of passing through, it is a smuggler, transborder, resisting any compulsory identity of class, gender, or race.

Inviato nel 1975, Il Riso della Medusa di Hélène Cixous ha attraversato le frontiere delle lingue, suscitato discussioni, lanciato l’idea della venuta di una « scrittura femminile » « écriture féminine » portata da donne ma anche altr* oltre ogni genre binario. Qual’è la portata sovversiva di EF, perché ha suscitato altrettanto entusiasmo che ostilità ? Pur non essendo un concetto, EF è stata catagorizzata in modo contradittorio (essenzialismo/postmodernismo). Paradossalmente, EF potrebbe trasformarsi nel cavallo di Troia della letteratura e del genere. Il genere di EF sarà sempre in traduzione, quindi sottratto alla concettualisazione come al genere normativo ? Altre voci-grida sono sorte per proclamare poetiche ibride, come quelle della New Mestiza,  Gloria Anzaldúa, o di Sister OutSider, Audre Lorde. Più che mai, « écriture féminine » è passante, clandestina, transfrontaliera rispetto a qualsiasi identità coercitiva di classe, genere o razza.

L’invention de l’écriture féminine

Ever since its launching by Hélène Cixous, the notion of « écriture féminine » has given rise to numerous, persistent and often polemical misreadings, aggravated by mistranslation. « Écriture féminine » doesn’t mean female literature, even less feminine literature. Nor does it coincide with women’s writing(s). In many ways, it remains untranslatable. Invented in the context of the political and cultural upheaval of the seventies in France, the formula aimed to bring forward the disturbing and potentially insurrectionary dimension of literature, its will or ability to resist phallogocentrism.

Théorisée et illustrée par Hélène Cixous, la notion d’écriture féminine a donné lieu à un malentendu persistant, aggravé par certaines de ses métraductions. L’écriture féminine n’est pas la « littérature féminine » et ne se confond pas non plus avec la littérature produite par des femmes. En ce sens, elle reste un intraduisible. Née dans le contexte des bouleversements politiques et culturels des années soixante-dix en France, la formule exalte le caractère insurrectionnel et le pouvoir de résistance au logocentrisme d’une certaine littérature.

Desde su lanzamiento por Hélène Cixous, la noción de écriture féminine ha dado lugar a numerosas, persistentes y a menudo polémicas lecturas erróneas, agravadas por una mala traducción. Écriture féminine no significa literatura “femenina” y tampoco coincide con la escritura hecha por mujeres. En muchos sentidos, la expresión sigue siendo intraducible. Inventada en el contexto de la agitación política y cultural de los años setenta en Francia, pretendía poner de manifiesto el carácter perturbador y potencialmente insurreccional de la literatura y su capacidad de resistencia al falogocentrismo.